La Journée mondiale de la Santé mentale

LES VISAGES DE LA VIOLENCE ET DES TRAUMATISMES

LA GUERRE ET LES RÉFUGIÉS : LA PROBLÉMATIQUE

“Aucun enfant n’a jamais déclaré une guerre. Pourtant, à chaque fois qu’une guerre éclate, les enfants, les membres les plus vulnérables de notre société, en souffrent le plus. Ils sont obligés de vivre dans la peur et d’abandonner leur instruction. Certains y perdent la vie, d’autres des membres de leur famille. Tous y perdent leur innocence.” – Global Movement for Children

“En 1995, j’ai été enlevée et emmenée par l’Armée de résistance des rebelles de Joseph Kony. Ils nous ont emmenés au Soudan et en route, j’ai vu de nombreux enfants tués par les rebelles, parce qu’ils ne pouvaient plus marcher. Il nous ont ordonné de tuer un garçon, soldat de l’Armée, et nous l’avons tué. Les rebelles ont enlevé trente garçons de mon village. Pendant l’entraînement et les combats, nous n’avions rien à manger ni à boire. On restait des jours sans manger. On mangeait de temps en temps du sorgho et des feuilles. J’ai été obligée une fois de boire ma propre urine et j’en ai donné à une amie qui mourait de soif”.

La Guerre

Dans le monde entier, trop souvent, les enfants sont enrôlés de force dans l’armée, arrachés de leurs foyers, victimes de viols et d’autres violences, témoins de violences contre d’autres, forcés à vivre dans des camps de réfugiés. La guerre produit de graves blessures psychologiques qui laissent des traces pour toute la vie de l’enfant. Certains enfants souffrent de troubles de stress post-traumatique, une lésion psychologique qui interrompt le processus de développement de l’enfant. Pour les enfants de moins de trois ans, les traumatismes graves s’inscrivent profondément et peuvent même changer l’équilibre chimique du cerveau.

La communauté internationale l’a déclaré depuis longtemps : les enfants n’ont pas leur place dans les conflits, toutefois ils en restent les principales victimes. En raison de la guerre et des conflits armés, entre 1985 et 1995, plus de 2 millions d’enfants ont été massacrés, 6 millions ont été gravement blessés ou handicapés et 12 millions sont restés sans abri, selon un rapport de l’UNICEF sur la Situation des enfants du monde. Citons les traumatismes subis par les enfants :

(1) blessure physique ou décès des enfants eux-mêmes ou de leurs proches,
(2) viol ou autres formes de torture, et
(3) vécu horrible à titre d’enfant soldat.

1. Blessures physiques
Les enfants des pays en guerre sont souvent victimes de traumatismes et de violences. Selon une estimation de l’UNICEF, entre 80 et 80% des morts ou des victimes des conflits sont des civils et la plupart d’entre eux sont des enfants et leurs mères. Au cours de la dernière décennie du 20e siècle, plus d’un million d’enfants sont devenus orphelins ou ont été séparés de leurs familles en raison de conflits armés. A Sarajevo, près de 90% des enfants ont été témoins de blessures graves et 41% ont vu une mort d’homme. Soixante-douze pour cent ont vu leurs maisons pilonnées et 81% ont déclaré s’être trouvé dans une situation où ils ont craint la mort. En outre, 14% des enfants ont pensé mourir de froid.

2. Viols et autres formes de torture
Le viol est souvent utilisé à titre d’arme, pendant la guerre, contre les civils. Dans certains raids au Rwanda, les milices ont violé toutes les adolescentes qui n’avaient pas été tués lors des attaques, selon l ‘UNICEF. En Bosnie, les intentions génocides visaient particulièrement les enfants. Des filles, certaines de six ans, ont subi des viols en bandes et les enfants ont servi de boucliers vivants dans les fusillades, précise le Dr A. Husain. AU Sierra Leone, les enfants ont été massacrés, mutilés, torturés, roués de coups, violés et asservis à des fins sexuelles, selon Human Rights Watch. Le Front Révolutionnaire Uni des rebelles a jeté des nouveau-nés et des enfants dans des maisons incendiées, a coupé les mains de tout-petits et violé des filles de huit ans.

3. L’enfant soldat
“L’un des schémas les plus alarmants des conflits armés reste la participation des enfants à titre de soldats” signale l’ONU dans un rapport demandant l’éradication de l’enrôlement des enfants. Pus de 300.000 enfants de moins de 18 ans prennent part à des conflits armés à l’heure actuelle, selon le rapport mondial sur les Enfants soldats 2001. La plupart des enfants soldats ont entre 15 et 18 ans, des enfants de sept ans ont également été enrôlés. Ces enfants perdent la possibilité de se développer normalement et d’acquérir une instruction, il courent le risque de blessures physiques, de traumatismes psychologiques et de mort. Les garçons sont le plus souvent enrôlés, bien que les Tigres de la Libération de Tamil Eelam à Sri Lanka recrutent des filles, systématiquement, pour les envoyer au combat, depuis la moitié des années 80. en outre des combats, les filles sont victimes de violences sexuelles et dont forcées à devenir les “épouses” des chefs des rebelles. Elles sont également victimes du vih et du sida, de grossesses non désirées, d’avortements et d’accouchements, dans des conditions dangereuses et non hygiéniques.

Les enfants enrôlés de force sont envoyés poser des bombes ou servent de détecteurs de bombes humains, ils prennent part à des opérations-suicide, d’espionnage ou ils sont obligés de commettre des atrocités, torture ou exécution de leurs proches ou de leurs voisins. Ils sont brutalisés de façon délibérée pour en faire des soldats sans merci ou on leur donne des amphétamines, des tranquillisants ou d’autres drogues pour “augmenter leur courage” ou les désensibiliser à la douleur.

En Ouganda, la Lord’s Resistance Army des rebelles a enlevé des milliers d’enfants pour se battre contre le gouvernement. Les rebelles attachent les enfants les uns aux autres et ils les obligent à porter le produit des pillages, en marche forcée, dans la jungle. Les enfants qui protestent ou qui résistent sont tués. Les enfants qui ne peuvent pas garder le pas ou qui tombent malades sont tués. Les enfants qui essaient de s’échapper sont tués.

“Deux soldats… m’ont jeté dans une baignoire sans eau. Je me suis levé et j’ai couru vers ma mère, au portail. Je me suis accroché à elle et l’ai suppliée de ne pas les laisser m’emmener. Ils m’ont arraché à elle. Ils m’ont collé contre le mur et l’un des soldats m’a donné un coup de genou dans le ventre. J’ai hurlé. Ils m’ont alors emmené derrière la caserne. Il y avait un cocotier, ils m’ont attaché les chevilles et m’ont suspendu la tête en bas. Il m’ont battu six fois avec du fil de fer barbelé. Ils m’ont redescendu et m’ont lié les mains. Ils m’ont battu avec des branches de tibourbou.”

Témoignage de Rajah, un Tamil de 11 ans, en 1997, devant Amnesty International

Au Sud Liban, des garçons de 12 ans ont été enrôlés de force dans l’Armée du Sud Liban. S’ils refusent, s’ils s’enfuient de la région ou s’ils désertent, leurs familles sont expropriées. Au Cambodge, selon une enquête effectuée auprès des soldats blessés, 20% d’entre eux avaient été recrutés entre 10 et 14 ans.

A l’heure actuelle, l’âge minimum du service militaire obligatoire est de 15 ans dans la Convention des droits de l’Enfant de 1989, mais un protocole facultatif, de plus en plus accepté, relève cet âge à 18 ans. Les Etats-Unis et le Royaume Uni envoient tous deux des jeunes de 17 ans au combat. Au Royaume Uni, l’on signale de nombreux cas d’humiliation et d’intimidation des jeunes recrues, ainsi que des décès à l’entraînement et au combat.

Citons les autres pays où l’on enrôle des recrues de moins de 18 ans : Australie, Autriche, Bangladesh, Belgique, Bhoutan, Bosnie-Herzégovine, Brésil, Burundi, Canada, Chili, Croatie, Cuba, Chypre, Danemark, El Salvador, Estonie, Finlande, République de Macédoine, France, Allemagne, Honduras, Inde, Indonésie, Iran, Irak, Irlande, Israël, Italie, Japon, Jordanie, Laos, Libye, Luxembourg, Mauritanie, Mexique, Namibie, Pays-Bas, Nouvelle Zélande, Nicaragua, Norvège, Pakistan, Pérou, Pologne, Portugal, Qatar, République de Corée, Slovaquie, Slovénie, Soudan, Suisse, Ouganda et Yougoslavie (The Coalition to Stop the Use of Child Soldiers).

Les Réfugiés et les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays

Les guerres et les désastres naturels, notamment les tremblements de terre, les inondations, les ouragans et les tornades, amènent les populations à quitter leurs foyers. Près de 50 millions de personnes, dont la moitié des enfants, ont été déracinés et 7 millions sont devenus des réfugiés, vivant dans des environnements souvent hostiles. Ils ne possèdent souvent que les vêtements qu’ils portent sur eux et n’ont sans doute pas pu prendre congé de leurs proches, selon Disaster Training International, les membres de leur famille se perdent pendant la fuite, soit parce qu’ils ne peuvent pas avancer aussi rapidement que les autres ou parce que la maladie les tue. Les enfants arrivent donc seuls dans les camps de réfugiés et sont victimes de violences dans leur nouveau “foyer”.

Pire encore, les soins médicaux dans les camps de réfugiés sont souvent inexistants. De 1994 à 1999, les Nations Unies ont demandé 13,5 milliards de dollars de fonds de secours d’urgence, destinés pour la plupart aux enfants, et a reçu moins de 9 milliards de dollars). Ces enfants sont confrontés à la difficulté de passer à une nouvelle culture, à un nouveau système social et à une nouvelle langue.

Les cas les plus extrêmes sont ceux des réfugiés qui ont été victimes de tortures ou qui ont vu leurs proches torturés et/ou tués. Les répercussions de la torture sur la santé mentale durent souvent plus longtemps ses conséquences physiques et exigent un traitement spécifique. Il existe toutefois de nombreux réfugiés qui souffrent des répercussions mentales de leur vécu et de leurs traumatismes passés, alors qu’ils n’ont pas été eux-mêmes torturés. Ils ont été forcés à quitter leurs foyers et, souvent, de vivre dans des camps de réfugiés pendant de nombreuses années, avant d’être, et c’est rare, réimplantés dans un autre pays. S’ils sont parmi ceux qui ont la chance d’être réimplantés dans un autre pays, ils y arrivent souvent sans connaître la langue ou la culture de leur pays d’adoption. Il leur faut devenir auto-suffisants, rapidement, en trouvant un emploi, envoyer leurs enfants à l’école et trouver un domicile approprié. Et ils doivent apprendre une langue et une culture en même temps. La santé n’a donc souvent pas la priorité parmi ces impératifs logistiques, mais au fil du temps, leurs difficultés passées entravent leur intégration et leur adaptation à leur nouvelle communauté. Il est important que des services soient fournis pour prévenir de graves problèmes de santé mentale et pour les traiter s’ils surgissent.

LA GUERRE ET LES RÉFUGIÉS : STRATÉGIES D’INTERVENTIONS COURONNÉES DE SUCCÈS

De nombreux efforts sont déployés, dans le monde entier, pour réduire les traumatismes et la violence à l’encontre des enfants dans les conflits armés ou déplacés par les désastres naturels ou la guerre. La plupart de ces initiatives se fondent sur la Convention sur les droits de l’enfant et nous en citons quelques points saillants :

World Vision: Cette organisation collabore avec les gouvernements nationaux afin de prendre en charge ces problématiques, selon quatre voies, notamment :

1. Assistance humanitaire aux enfants pendant et après les conflits,
2. Programmes de développement communautaire axé sur les enfants, portant sur les causes de la guerre,
3. Activités de renforcement de la paix et de réconciliation, et
4. Défense de la cause pour améliorer les politiques publiques ayant une incidence sur les enfants.

Rapport Machel des Nations Unies : ce document appelle à une campagne mondiale demandant la démobilisation de tous les enfants soldats et “l’éradication de l’enrôlement des enfants de moins de 18 ans dans les armées”. Il stipule également l’inclusion, dans tous les accords de paix futurs, de mesures spécifiques ayant trait à la démobilisation et à la réintégration des enfants soldats et, pour les gouvernements, la normalisation des procédures d’enrôlement dans les forces armées et des poursuites à l’encontre des contrevenants. Et enfin, le rapport détaille la manière dont l’enrôlement des enfants peut être réduit au minimum lorsque les communautés et les parents connaissent la loi.

Collaboration ONU-UNICEF relative aux femmes soldats : le département des Affaires du désarmement de l’ONU, le Fonds de développement des Nations Unies pour les femmes, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’homme et la division pour l’avancement de la femme, collaborent sur les questions de sexospécificité et de désarmement, et ils s’attachent plus particulièrement au sort des filles soldats.

Interdiction des mines : les campagnes des gouvernements et d’autres organisations, contre les mines, a mené à l’adoption d’une Convention interdisant les mines anti-personnel.

Convention 182 de l’OIT : cette convention interdit l’enrôlement forcé des enfants aux fins de participation aux conflits armés.

Convention de Rome sur le Tribunal pénal international : ce document reconnaît, à titre de crimes de guerre, l’enrôlement des enfants soldats, le viol, l’esclavage sexuel et la prostitution forcée.

Accords de paix : les campagnes d’opinion ont porté à l’attention des décideurs mondiaux le sort des enfants affectés par les conflits armés. Les accords de paix au Burundi, en Irlande du Nord et au Sierra Leone comportent des disposition spécifiques concernant les efforts visant à prendre en charge les problèmes des enfants touchés par la guerre. En outre, des conseiller de protection de l’enfant ont été déployés dans le cadre des missions de maintien de la paix de l’ONU, en République Démocratique du Congo et au Sierra Leone.

INTERVENTIONS POUR LA SANTÉ MENTALE

Rapport Machel des Nations Unies : ce document appelle à une campagne mondiale demandant la démobilisation de tous les enfants soldats et “l’éradication de l’enrôlement des enfants de moins de 18 ans dans les armées”. Il stipule également l’inclusion, dans tous les accords de paix futurs, de mesures spécifiques ayant trait à la démobilisation et à la réintégration des enfants soldats et, pour les gouvernements, la normalisation des procédures d’enrôlement dans les forces armées et des poursuites à l’encontre des contrevenants. Et enfin, le rapport détaille la manière dont l’enrôlement des enfants peut être réduit au minimum lorsque les communautés et les parents connaissent la loi.

Collaboration ONU-UNICEF relative aux femmes soldats : le département des Affaires du désarmement de l’ONU, le Fonds de développement des Nations Unies pour les femmes, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’homme et la division pour l’avancement de la femme, collaborent sur les questions de sexospécificité et de désarmement, et ils s’attachent plus particulièrement au sort des filles soldats.

Interdiction des mines : les campagnes des gouvernements et d’autres organisations, contre les mines, a mené à l’adoption d’une Convention interdisant les mines anti-personnel.

Convention 182 de l’OIT : cette convention interdit l’enrôlement forcé des enfants aux fins de participation aux conflits armés.

Convention de Rome sur le Tribunal pénal international : ce document reconnaît, à titre de crimes de guerre, l’enrôlement des enfants soldats, le viol, l’esclavage sexuel et la prostitution forcée.

Accords de paix : les campagnes d’opinion ont porté à l’attention des décideurs mondiaux le sort des enfants affectés par les conflits armés. Les accords de paix au Burundi, en Irlande du Nord et au Sierra Leone comportent des disposition spécifiques concernant les efforts visant à prendre en charge les problèmes des enfants touchés par la guerre. En outre, des conseiller de protection de l’enfant ont été déployés dans le cadre des missions de maintien de la paix de l’ONU, en République Démocratique du Congo et au Sierra Leone.

INTERVENTIONS POUR LA SANTÉ MENTALE

Services éducatifs et psychologiques pendant la guerre : les professionnels de la santé mentale s’efforcent d’intervenir par des services éducatifs et psychologiques, pendant la guerre, alors même que ces efforts représentent des difficultés importantes. Au Timor Oriental, l’administration de transition de l’ONU et les ONG ont établi des espaces conviviaux pour les enfants, au cœur du conflit. D’autres modèles comprennent la Commission nationale des enfants au Sierra Leone et les Enfants Zones de paix au Sri Lanka.

Activités ludiques, traitement : tous les enfants victimes des atrocités de la guerre ne souffrent pas de troubles mentaux de longue durée. Selon l’article de recherche de Syed Arshad Husain, publié dans le «Psychiatric Times », les enfants sont très résistants et ont la capacité d’une imagination « magique ». Selon M. Husain, en faisant de la violence et de la personnalité des armes un jeu, l’on a transformé les frayeurs des garçons, à Sarajevo, qui avaient vécu dans le bruit constant de l’artillerie. Le jeu est une force et les programmes qui intègrent les activités ludiques sont aujourd’hui très prisés par les enseignants bosniaques et les professionnels de la santé

les professionnels de la santé mentale s’efforcent d’intervenir par des services éducatifs et psychologiques, pendant la guerre, alors même que ces efforts représentent des difficultés importantes. Au Timor Oriental, l’administration de transition de l’ONU et les ONG ont établi des espaces conviviaux pour les enfants, au cœur du conflit. D’autres modèles comprennent la Commission nationale des enfants au Sierra Leone et les Enfants Zones de paix au Sri Lanka.

Activités ludiques, traitement : tous les enfants victimes des atrocités de la guerre ne souffrent pas de troubles mentaux de longue durée. Selon l’article de recherche de Syed Arshad Husain, publié dans le «Psychiatric Times », les enfants sont très résistants et ont la capacité d’une imagination « magique ». Selon M. Husain, en faisant de la violence et de la personnalité des armes un jeu, l’on a transformé les frayeurs des garçons, à Sarajevo, qui avaient vécu dans le bruit constant de l’artillerie. Le jeu est une force et les programmes qui intègrent les activités ludiques sont aujourd’hui très prisés par les enseignants bosniaques et les professionnels de la santémentale. Aux Etats-Unis, l’on s’est également servi des activités ludiques pour aider la récupération des enfants qui avaient vu les avions s’écraser contre les tours du World Trade Center. Un programme conçu par Children’s Movement for Creative Education a eu recours, de façon efficace, aux narrations écrites à la première personne, aux peintures, aux dessins et à la médication, ainsi qu’aux débats, où les enfants ont pu exprimer leurs craintes et leurs sentiments, comme le rapporte le « Wall Street Journal ». Ce programme de six semaines a également encouragé l’harmonie et la communauté, permettant ainsi d’atténuer les craintes de rétorsion des élèves contre leurs camarades musulmans.

Les arts de l’expression constituent des outils précieux dans le processus de guérison : les thérapies par la danse, le mouvement, le théâtre, la tradition orale, la musique, la peinture et le dessin, et les arts folkloriques nationaux ont rencontré un succès sans précédent lorsque l’expression orale directe s’est révélée trop douloureuse.

Building Bridges (Construire des ponts) : ce programme canadien constitue une compilation des pratiques exemplaires recueillies auprès des enfants, des enseignants et des professionnels de la santé mentale et mises en œuvre, avec succès, dans six écoles de Toronto. Dans la région métropolitaine de Toronto, l’on trouve des enfants de plus de 50 pays, inscrits dans les écoles et bon nombre possèdent des antécédents difficiles de réfugiés. Les concepteurs de ce programme ont créé des activités dans le prolongement des activités proposées par les enseignants et pour prendre en charge les besoins des enfants stressés, par exemple l’amitié, l’apprentissage de l’anglais, les résultats scolaires positifs et le sentiment de sécurité. « Buddy Teams » (équipes de copains) vise à combler les différences culturelles. « Art is Inside Me » (l’art est en moi), « Stories in the Classroom » (histoires en classe) et « Games We Like to Play » (les jeux qu’on aime » permettent l’auto expression et encouragent l’amour-propre. Le module « Change Exchange » (échange de changement) permet aux enfants de dialoguer et de résoudre les problèmes sans agressivité. Ce programme a été adopté pour être mis en œuvre dans les écoles en Croatie, Bosnie et Albanie (HCR).

Programmes sociaux communautaires : un grand nombre d’enfants réfugiés guérissent de leurs traumatismes s’ils peuvent prendre en charge leurs stress, dans un environnement thérapeutique social, précise l’OMS. Ces environnements sont possibles grâce aux agents communautaires formés. D’ailleurs, les organisations communautaires de jeunes adultes, par exemple celle composée principalement d’élèves de Croatie et de Bosnie-Herzégovine (Suncokret), a accompli d’excellents progrès dans l’aide aux enfants réfugiés. Ce groupe, créé en 1991, a travaillé dans de nombreux camps de réfugiés en Croatie et en Bosnie, en proposant des activités axées sur les enfants, avec la participation des mères, des grands-parents et des autres adultes importants dans l’environnement sociale des enfants. Fin 1992, plus de 80 jeunes Croates et Bosniaques prenaient part à l’organisation d’activités pour plus de 4.000 enfants. Ce groupe a été accepté à titre de partenaire du HCR et d’ONG croate.

Immigration and Refugee Services of America (IRSA- Services d’immigration et de réfugiés des Etats-Unis) : l’IRSA est l’une des principales agences bénévoles pour les réfugiés aux Etats-Unis et elle englobe une alliance nationale pour la Santé mentale multiculturelle, qui offre des programmes éducatifs et des cours de formation adaptés aux besoins des chefs communautaires réfugiés, les agents de réimplantation et d’emploi, les agents de santé et les praticiens, les enseignants d’anglais pour les étrangers et les conseillers scolaires, les collaborateurs juridiques des services d’immigration, les agents de police et bien d’autres encore. Les thèmes des cours de formation comprennent notamment : la santé mentale des réfugiés, l’intégration de la santé mentale dans la réimplantation, les groupes spécifiques de réfugiés, la formation culturelle, l’orientation et la formation des réfugiés, les modèles thérapeutiques, le travail clinique avec les réfugiés, la formation d’interprètes, les traumatismes et les rescapés de la torture, les soins aux dispensateurs de soins, la création d’une séquence de soins, les démarches communautaires et d’autres sujets. Une conférence sur la santé mentale des réfugiés est organisée tous les ans et les bulletins d’information ainsi que les guides concernant les pratiques exemplaires sont disponibles sur le site Internet suivant : www.refugeesusa.org Le Comité pour les réfugiés des Etats-Unis (USCR) fait également partie de l’IRSA. L’USCR défend les droits de tous les êtres humains déracinés, quelle que soit leur nationalité, race, religion, idéologie ou origine sociale. Ses activités et ses conclusions sont disponibles sur : www.refugees.org

Croix Rouge : la Croix Rouge et ses homologues, agences de secours, fournissent des médicaments, des vaccins, de l’eau potable, des aliments et d’autres éléments essentiels, aux victimes des conflits armés, des désastres naturels et aux populations des camps de réfugiés. Lorsque les besoins de base sont remplis, des services de soins infantiles, d’éducation, de loisirs et d’appui psychosocial sont souvent offerts. Le Comité international de la Croix Rouge a également permis de réunir les familles séparées par la guerre ou les désastres naturels. En République Fédérale Yougoslave (Kosovo), par exemple, « Child Connect » se sert d’un réseau Internet sans fil et par satellite, à cette fin.

Save the Children: Save the Children, en collaboration avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, a lancé la Déclaration de bonnes pratiques pour les Enfants séparés en Europe. Ce programme est destiné à établir une stratégie et une engagement communs pour rendre à ces enfants leurs droits de base à une enfance, une adolescence et un avenir normaux., Il s’agit de l’un des nombreux programmes internationaux et sources d’information produits par Save the Children. En 2001, Save the Children a publié un rapport mondial destiné à la session spéciale des Nations Unies sur les enfants, à New York. Ce rapport, intitulé « Children’s Rights : A Second Chance » (les droits des enfants, une deuxième chance), examine l’incidence des stratégies et pratiques locales, nationales et internationales sur les enfants, ces dix dernières années et précise ce qui doit être fait pour améliorer le monde des enfants et apporte enfin des conseils et un cadre de travail pratique pour les décideurs mondiaux. Pour examiner ce rapport, veuillez consulter le site
www.savethechildren.net/stc/publicsite/newstc/resources.html

 

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